jean-marie gleize, “jusq’à ce que l’écran se vide” (zoème, 2022)

https://zoeme.net/jusqua-ce-que-lecran-se-vide/

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Jusqu’à ce que l’écran se vide est un travail plastique réalisé par Jean-Marie Gleize à partir de cibles de tir et de polaroids. Cette publication fait suite à une exposition qui s’est tenue dans la galerie de Zoème en 2021, et qui avait pour titre Les cibles. À l’occasion de cette exposition, Jean-Marie Gleize est revenu sur la genèse de ce projet : « C’est ainsi que ça commence. Dans un jardin à Aix. Il tirait sur des cibles. Il avait cloué ces cibles sur la branche d’un arbre. Je l’ai regardé viser, tirer. C’était comme un spasme nerveux, involontaire, une décharge sans raison, contre rien. J’ai ramassé ce qui restait, des traces au sol comme des feuilles tachées, trouées. Je les ai déchirées, les ai maculées d’encre rouge, et puis je les ai perdues. C’était au tout début des années 90. Et vers la même époque, aux États-Unis, en Californie et dans le Vermont, j’ai pratiqué intensément (de façon quasi pulsionnelle) la captation mécanique du réel, minimale, brutale, d’un réel simplement là : image sans contenu (comme les cibles), sans négatif, instantané unique sans copie ni retouche possibles, celle du Polaroïd. » Jusqu’à ce que l’écran se vide se compose de 30 polaroids, reproduites à l’échelle 1:1, et la reproduction de 14 cibles. Au centre, un poème inédit de Jean-Marie Gleize propose une autre variation autour du motif central de ce livre : le réel en tant qu’image sans contenu.